mardi 17 janvier
Le Grand bordel de mon esprit...
-C'est dingue à quel point j'ai du mal. Je m'endors dans le train, je m'endors devant mon PC au boulot... Franchement, je n'arrive pas à récupérer de mes horaires de malade et de mes récentes nuits blanches.
L'impression de refaire un « métro-boulot-dodo » mais en pire.
Je me demande si je me couche si tard parce que je n'arrive pas à dormir ou si c'est pour avoir l'illusion de maîtriser un peu le temps. Je n'ai pas envie de me dire que je passe le clair de mon temps au taff' sans faire des trucs de jeunes. Va falloir que je me laisse pousser les cheveux et que je porte des écharpes roses... T'es ouf' ou quoi raclure ? Faudrait savoir, tu veux bosser ou tu veux chômer ? Ah ces jeunes casquetteux, ils ne veulent que profiter du système ! Bah, en gros, oui bouffon, comme tout le monde ! Mais proprement.
Malgré cette fatigue, tout va bien. Je continue à trouver mon bonheur où il se cache et je respire à pleins poumons les joies que les autres me procurent avec celles que je daigne me procurer. J'ai remarqué que le rire des gosses à l'école me rendait heureux, parfois con, autant que lorsque j'ai entendu les résultats et les propos des jeunes de ZEP à Sc Po'. Putain, y'a de l'espoir en fait?
J'ai souvent l'âme mélancolique et goudronnée mais je sais que ceux qui viendront après moi peuvent encore sourire. Dire qu'on appelle les gens de mon âge « génération sacrifiée » ou « enfants de la Crise». C'est très vrai, j'arrive encore à percevoir les différences de comportements entre ces périodes de grèves, de restrictions, de pénurie et de violences et celle-ci entre désir d'évasion et bâtons dans les roues. Mais pour le reste, on peut quand même se dire qu'on arrivera à relever nos têtes et celles des nôtres.
Le jeune, c'est con. Et le SPirit, qui se sent vieux dans un corps de jeune, c'est encore plus con.
Enfin bref, pas digne d'intérêt tout ça...
Sinon, ce rythme me procure quelques divagations. Et les divagations me conduisent à certaines inspirations. Le RER devient soit un lit pour SDF aux migrations pendulaires, soit une anti-chambre où mes pensées se couchent dans un mélange d'abstrait et de concret. Pour votre malheur, j'en suis désolé. En fait, nan.
Je vous les livre telles que j'ai pu les mettre en forme.
Mêmes mes rimes tournent en rond. Mais je ne saurais vous dire le plaisir qu'elles me procurent. Je ne suis ni poète, ni slammeur, ni acteur et plus rappeur. Je suis hybride. J'écris pour me soulager et cette forme me convient.
Y a-t-il de la place pour un écho dans cette brume où la foule hurle à s'exprimer?
Que comprenez-vous de ces écrits (J'avoue que loi mêêêême, je suis un peu coupé-décalé quand je relis...) ? Je veux une psychanalyse. On arriverait à sonder des manques, des désirs, des espoirs et pas mal de satisfactions dans ce SPirit.
Je ne veux pas finir en me disant que j'ai vécu par opposition. Je ne sais pas ce que je recherche dans l'écriture mais elle m'apaise, apporte un élan que je croyais interdit à produire en lisant les autres. J'aurais peut être dû me censurer..
Je pense toujours que l'art et la culture sont un luxe qu'il m'a été donné de connaître sur le tard. Je suis conscient de nos lacunes. Mais je vois que les arts et les cultures que l'on a développés ici nous permettent de créer mais également de découvrir les références dominantes.
Grâce au rap, j'ai lu Rimbaud ; je lis Goethe, je respecte Hugo et je veux aller voir autre chose que des battles.
Je veux voir des breakeurs interpréter Le Bourgeois Gentilhomme dans les règles de l'Art.
« Du CP à la seconde, Ils parlent de
« Je veux que l'Underground s'exprime, à travers vers et rimes et/ou en prose, à
" Eh bien! Rends-moi ces temps de mon adolescence
Où je n'étais moi même encor qu'en espérance;
Cet âge si fécond en chants mélodieux,
Tant qu' un monde pervers n'effraya point mes yeux; (...) "
"Cette jeunesse ardente, à ton âme si chère,
Pourrait, dans un combat, t'être fort nécessaire (...)"
GOETHE, Faust, Prologue sur le théâtre. 1806.
dimanche 02 octobre
Leur vision reste étroite comme le panorama d'un pénitent
J'ai fait un cauchemar en plein éveil
Les fleurs se fânaient en plein soleil
Les rêves fuyaient en plein sommeil
Mes poings se fermaient à leur pareil
J'ai fait un cauchemar qui me ronge
Les bêtes psalmodient, songent
Les idées séduisent les mensonges
Sur mon lit, l'amertume s'allonge
Une détresse, deux pervertis
Mais l'espoir demeure introverti
L'oisif ne m'a pas encore converti.
Peace. SPirit, avertis.
mercredi 03 août
Le cruel monde du travail
Je viens de rentrer laminé du boulot ce soir. Ca fait trèèès longtemps qu'une chose pareille ne m'était pas arrivé. Autant ma vie n'est pas facile, comme pout tous hein..., autant depuis quelques années je m'évertue à être égal à moi même, jovial, déconneur et à l'écoute.Cependant, ce soir, ça ne va pas et c'est donc naturellement sur ce blog que je me suis tourné. Ca en devient inquiétant.
La première raison est que je suis confronté comme l'an dernier à la même période (à croire que ce mois est maudit!)à une responsable tyranique, lunatique et chiante. Elle est très gentille, mais trop directive, me fait des compliments devant tout le monde mais me rabaisse en réunion... J'ai l'impression de n'être qu'un moins que rien à chaque entrevue que l'on a et le pire c'est que sur pas mal de points elle a raison (sur mes incompétences en compta etc..). Mais certaines fois c'est énervant. A tel point que je me barre avant toute réunion, sans rien dire et que ma motivation a chuté mais de manière exponentielle. Je n'ai plus plaisir à aller en stage.
Deuxième raison et la plus importante. C'est moi. Je viens de me confronter à la réalité, et c'est dur de ramasser sa gueule après. Après avoir passé les deux premières semaines très sérieux au sein de cette organisation, je me suis révélé au grand jour, c'est à dire qu'entre deux heures de taff' intensif, je passe mon temps à déconner, à faire des blagues pourries et à vanner. C'est là le problème. Je n'ai pas dissocié la vie privé du travail. En fait, j'ai toujours pensé que j'étais, gentil au fond et respectueux. En fait, et malgré moi, il apparaît que non. J'ai un collègue d'une trentaine d'années qui me semblait assez jeune pour déconner et je l'aurais "testé" inconsciemment question humour. C'est à dire que je le vannais mais, j'ai toujours pensé que c'était gentil, je n'ai jamais pensé être lourd ou être allé trop loin.
Aujourd'hui il a , après une expression usuelle pour moi mais qui ne l'est pas en fait, tenté de me faire comprendre que j'étais allé trop loin, mais je n'ai rien vu venir. Je lui ai alors demandé d'être clair parce que, c'est vrai, je n'avais pas remarqué. Il m'a dit qu'avec lui ça passait, mais qu'il fallait que je fasse gaffe parce qu'avec d'autres, ça ne passerait peut être pas. Il m'a dit que pour le reste de mon avenir professionnel, je devais considérer que le taff n'est pas un lieu de rigolade. Il m'a même dit, mm s'il avait compris que ce n'était que de l'ironie et que je ne pensais pas un mot de ce que je disais (je vous rassure, ce n'est rien d'insultant, ni de grave), cela était un léger irrespect. Mais cela m'a profondément choqué parce que je n'ai pas su lire dans ses comportements pour ajuster le mien...et parce que le respect a toujours le fondement de mes relations. En fait, on pense de moi quelque chose que je sais ne pas être et surtout, je passe pour quelquechose dont je suis, je le crois sincèrement, irrespectueux.
Je ne sais pas si d'autres pensent comme lui, mais j'ai décidé de ne plus amuser ni m'amuser au travail (pourtant durant le pot fait pour le DESS, tout le monde m'avait dit que j'avais apporté de la fraîcheur et de la joie ici et m'en remerciat...) au travail. Je ne peux pas prendre le risque de blesser quiconque, ça je ne veux pas. Surtout quand je ressentais un profond respect pour ces gens (pour lui notamment) et qu'ils ont compris la connivence que j'avais avec eux comme du non respect. Après tout, c'est peut être que lui le blème...mais bon il faut être objectif, et je vais questionner les autres pour voir si je ne fais pas chier tout le monde...
Je doute de moi (c'est rare dans les relations humaines pour moi) , parce que personne ne m'avait fait la remarque jusque là, alors que tous savent que je prends très bien la critique.
A partir de maintenant, mesure radicale: sérieux.
Peace. SPirit, ce con qui ne blague plus.




